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24 Jul

Obama bluff, ou, une « ignorance abyssale de l’économie » ?

Publié par David  - Catégories :  #ANALYSE

 

 

Obama veut créer une panique financière – par Guy Millière

Je dois le dire : regarder Obama sur un écran de télévision m’a toujours semblé insupportable, mais, ces derniers temps, cela me donne la nausée. Je n’ai pas besoin d’écouter ses paroles pour savoir qu’il ment : il me suffit de voir qu’il remue les lèvres. Et quand j’écoute, les mensonges viennent me percer les tympans. Le regarder me suffit d’ailleurs en général pour voir qu’il ment, même lorsqu’il ne remue pas les lèvres : le sourire est toujours feint, et quand le porteur du sourire se laisse aller, la méchanceté vient dans les yeux percer le masque trop composé, le menton se place en avant sur un mode mussolinien. Dans les westerns des années cinquante, on voyait des charlatans vendre des élixirs frelatés, encaisser les dollars et partir en courant pour ne pas se trouver enduits de plumes et de goudron, Obama me fait penser à ces charlatans. 

En ce moment, Obama perd pied et dévisse dans les sondages. Lui et son entourage comprennent qu’il risque de perdre à l’automne 2012. Il leur faut absolument parvenir à briser net l’élan des Républicains et des tea parties. Ils ont trouvé leur terrain de bataille. Ils pensent avoir l’avantage, puisqu’ils ont la Maison Blanche, une légère majorité au Sénat, et les grands médias à leur service. Ils veulent une victoire rapide et pensent l’obtenir dans le débat en cours sur le plafond de la dette.
 
Comme je l’ai déjà écrit, leur objectif est de contraindre les Républicains à se soumettre et à sembler renier leurs principes. 
 
Il s’agit de contraindre les Républicains et les tea parties à accepter une augmentation des impôts et à se résigner à accepter l’engrenage redistributionniste voulu par Obama, sous peine d’être accusés de soutenir les milliardaires, les exploiteurs, les très riches. 
 
Ou les Républicains et les tea parties acceptent l’augmentation des impôts, et, dès lors que l’augmentation des impôts maintiendra le chômage à un niveau élevé et dissuadera les investissements, ils endosseront la responsabilité des résultats, Obama, lui, posant à celui qui a pris une attitude « raisonnable ». 
 
Ou ils refusent, et ils seront cloués au pilori, traités d’irresponsables, d’égoïstes, d’idéologues, d’ultra capitalistes, de responsables d’un défaut de paiement des Etats-Unis et d’une tourmente sur la finance et l’économie planétaires.
 
Pour l’heure, les Républicains et les tea parties refusent. Et ils n’entendent pas se laisser insulter et caricaturer sans rien dire. Leurs dirigeants, John Boehner et Eric Cantor, ont fait voter à la Chambre des représentants une loi relevant légèrement le plafond d’endettement des Etats-Unis accompagnée d’un plan de réduction des dépenses, sans augmentation des impôts. Les démocrates au Sénat ont refusé de voter la loi. Obama a déclaré qu’il aurait, de toute façon mis son veto. 
 
Il tient des propos colériques contre les Républicains et les tea parties. 
 
Mais John Boehner, au nom des Républicains, dénonce l’entêtement d’Obama, souligne ses manipulations, et explique pourquoi il faut réduire les dépenses sans augmenter les impôts, si on veut tout à la fois assainir les finances du pays, et permettre un retour à la croissance. 
 
Pour l’heure, selon les sondages, la population donne raison aux Républicains et aux tea parties.
 
Obama ira-t-il jusqu’à provoquer une crise majeure en laissant la situation en l’état jusqu’à la date du 2 août ? C’est loin d’être impossible. 
 
Obama n’est pas un réformiste, mais un révolutionnaire. Placer les Etats-Unis en situation de défaut de paiement, susciter une crise financière mondiale, couper les versements des salaires des militaires et les pensions des personnes âgées est le genre de décisions qu’il peut tout à fait prendre. A condition de faire porter la responsabilité du cataclysme sur ses adversaires et d’espérer, si la population le croit et si elle est assez désespérée, remporter la mise. 
 
Obama s’arrêtera avant le cataclysme seulement, et seulement s’il pense qu’il peut sortir perdant du cataclysme. 
 
Un président des Etats Unis est-il prêt à créer un cataclysme de manière délibérée ? En cette année 2011, la réponse est : oui. 
 
L’objectif de ce Président n’a jamais été le bien être de la population américaine et la paix sur terre, mais un « changement » radical, profond. Un changement auquel vous pouvez croire, disait-il. Des électeurs ont pensé qu’ils pouvaient y croire. Ils ont les conséquences, et le reste du monde aussi.
 
Je n’aurais jamais imaginé que je pourrais écrire cela d’un Président d’un pays que j’aime profondément. Mais c’est parce que j’aime profondément les Etats-Unis et que je sais leur rôle indispensable pour la paix et la prospérité du monde que je dois l’écrire. 
 
Je dois l’ajouter, je ne suis pas le seul à penser ce que je pense. Je cite John Podhoretz sur le blog du magazine Commentary : « Pour la première fois dans l’histoire américaine, un Président utilise littéralement une conférence de presse pour créer une panique financière ». John Podhoretz dit qu’Obama est « enragé ». 
 
Rick Moran, sur americanthinker.com, dit qu’Obama « essaie délibérément de créer une panique financière ». 
 
Etrange que nul ne le dise de ce côté de l’Atlantique. Etrange ou logique ? Rick Moran attribue à Obama une « ignorance abyssale de l’économie ». Dès lors que cette ignorance est en France la chose la mieux partagée, la réponse à la question que je viens de poser est évidente.
 
Reproduction autorisée avec la mention suivante et le lien vers cet article :
© Guy Millière pour Drzz.fr

À propos de Guy Millière

Guy Millière, (spécialisation : économie, géopolitique). Titulaire de trois doctorats, il est professeur à l'Université Paris VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit, Economie de la communication et Maître de conférences à Sciences Po, ainsi que professeur invité aux Etats-Unis. Il collabore à de nombreux think tanks aux Etats-Unis et en France. Expert auprès de l’Union Européenne en bioéthique, Conférencier pour la Banque de France. Ancien visiting Professor à la California State University, Long Beach.Traducteur et adaptateur en langue française pour le site DanielPipes.org. Editorialiste à la Metula News Agency, Israël Magazine, Frontpage Magazine, upjf.org. Membre du comité de rédaction d’Outre-terre, revue de géopolitique dirigée par Michel Korinman. Rédacteur en chef de la revue Liberalia de 1989 à 1992Il a participé aux travaux de l'American Entreprise Institute et de l'Hoover Institution. Il a été conférencier pour la Banque de France, Il a participé à l'édition d'ouvrages libéraux contemporains comme La constitution de la liberté de Friedrich Hayek en 1994 dans la collection Liberalia, puis dans la collection « Au service de la liberté » qu'il a créée aux éditions Cheminements en 2007. Il a également été rédacteur en chef de la revue éponyme Liberalia de 1989 à 1992. Il a été vice-président de l'Institut de l'Europe libre ainsi que Président et membre du conseil scientifique de l'Institut Turgot. Il fait partie du comité directeur de l'Alliance France-Israël présidée par Gilles-William Goldnadel. Il est l'auteur de plus d'une vingtaine d'ouvrages.
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