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18 May

Syrie: BHL- Dénoncer un « silence assourdissant » c’est bien. Le briser serait encore mieux.

Publié par David  - Catégories :  #PETIT BILLET

 

 

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BHL, s'exprime à propos de la Syrie, en répondant aux questions de la journaliste Marie-France Etchegoin au Nouvel Observateur.

 

 

Certains vous reprochent un « silence assourdissant » sur la Syrie, qui tranche avec votre engagement pour la Libye. Pratiquez-vous, dans cette affaire, le « deux poids, deux mesures » ?

- Non, bien sûr. Je suis juste mobilisé, très mobilisé, par cette affaire de Libye. Et je ne suis physiquement pas capable, à l’heure où je vous parle, de laisser tomber les Libyens pour embrasser, en y consacrant le même temps et la même énergie, quelque autre cause que ce soit. Cela étant dit, je trouverais formidable que d’autres prennent le relais et fassent la même chose pour la Syrie. Dénoncer un « silence assourdissant » c’est bien. Le briser serait encore mieux. 

(...)

 

Quand vous avez évoqué le « cas » syrien avec Nicolas Sarkozy, que vous a-t-il répondu ?

- Ce que je suis en train de vous dire. Que le même pays, la même coalition ne peuvent pas, dans le même ordre de marche et selon le même dispositif, se porter sur tous les fronts… En revanche, le monde est confronté, là, à une séquence historique unique et dont tous les segments – libyen, syrien, bahreinien, etc. – sont liés et solidaires. C’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Que Kadhafi gagne, et l’ordre reviendra dans l’ensemble de la région et, d’abord, en Syrie où Assad pourra monter encore d’un cran une répression qui a déjà fait des milliers de morts et de disparus (qui sont, souvent, d’autres morts). Qu’il lâche prise, en revanche, que la coalition arrive à ses fins et que la famille Kadhafi quitte enfin ce pouvoir auquel elle s’accroche depuis quarante-deux ans en faisant de son pays une quasi propriété privée, et vous verrez : ce sera une onde de choc, une contamination vertueuse, un autre vent de liberté, un autre printemps – et Assad comprendra, lui aussi, que c’est fini. Je crois, en d’autres termes, en une « jurisprudence libyenne ». Je crois que ce « cas Kadhafi » fera école et sera opposable aux autres dictateurs de la région.

Vous ne pensez donc pas, comme Alexandre Adler, qu’il faille « sauver le soldat Assad »…

- Bien sûr que non ! Adler est un ami. Mais je crois que, sur ce point, il se trompe. Comment sauver un homme qui, comme Assad, mène son propre peuple comme du bétail ? Comment avoir la moindre indulgence face aux images, aux rares images, qui nous parviennent des villes martyres de Syrie et qui montrent une population désarmée sur qui on tire à l’arme lourde ? Et, du strict point de vue géopolitique, comment oublier que cet homme, depuis son accession au pouvoir, héberge, parraine et dirige en sous main cette organisation néofasciste qu’est le Hamas ?

On ne peut pas, d’un côté, dire que l’Iran constitue un danger pour le monde et ne pas souhaiter la chute de l’iranosaure en chef, du bras armé d’Ahmadinejad dans la région. Oui, je vous le redis : après Kadhafi, Assad.

Propos recueillis par Marie-France Etchegoin

Lire l'article : http://www.bernard-henri-levy.com/apres-kadhafi-assad-entretien-avec-m-f-etchegoin-nouvel-observateur-18-mai-2011-18976.html

 

 

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